Camps du mont everest : bases vitales pour les alpinistes

L'Everest, point culminant du monde à 8848,86 mètres, attire chaque année des centaines d'alpinistes. Atteindre le sommet nécessite une préparation minutieuse et une logistique complexe, reposant sur un réseau de camps de base et d'altitude. Plus de 4000 alpinistes tentent l'ascension chaque année, confrontés à des défis majeurs.

Le camp de base de l'everest (CBE) : porte d'entrée vers le toit du monde

Situé à 5364 mètres d'altitude, dans la vallée du Khumbu au Népal, le Camp de Base est le point de départ de toutes les expéditions. Ce camp, une ville temporaire de tentes, se trouve à proximité du dangereux Khumbu Icefall, un glacier constamment en mouvement, source de risques d'avalanches. Environ 1500 personnes y séjournent en haute saison.

Localisation et environnement extrême du CBE

La localisation du CBE est choisie pour sa relative platitude, offrant une protection partielle contre les vents violents, fréquents à cette altitude. Malgré cela, l'environnement reste extrême : températures glaciales, gel permanent, vents violents et manque d'oxygène. Le paysage, dominé par des moraines glaciaires et des vues imprenables sur le Lhotse et l'Everest, est aussi source de dangers potentiels.

Infrastructure et logistique complexe du CBE

Le CBE est une ville miniature, avec des centaines de tentes abritant les alpinistes, les sherpas, et le personnel de soutien. On y trouve des tentes-cuisine, des zones de stockage, des installations sanitaires rudimentaires, et même une petite clinique médicale. L'approvisionnement en nourriture, en eau, en oxygène et en équipement nécessite un effort logistique immense, s'appuyant sur les sherpas et des yaks pour transporter les charges depuis les villages en contrebas. L'héli-évacuation est possible en cas d'urgence, mais limitée par les conditions météorologiques.

  • Nombre moyen de tentes au CBE : 200 à 300
  • Poids moyen de matériel transporté par sherpa : 25 à 30 kg

La vie quotidienne au CBE : acclimatation et préparation

La vie au CBE est une lutte constante contre le froid, l'altitude et le manque d'oxygène. L'acclimatation est primordiale: les alpinistes effectuent des ascensions et des descentes pour préparer leur corps à la raréfaction de l'oxygène. L'alimentation est riche en calories (4000 à 6000 calories/jour) et l'hydratation est essentielle (4 à 5 litres d'eau/jour). Le sommeil est souvent perturbé, et les journées sont rythmées par les préparatifs de l'ascension vers les camps d'altitude. Le CBE sert de point de repos et de préparation avant de commencer l’ascension vers les sommets.

  • Durée moyenne du séjour au CBE : 2 à 3 semaines
  • Nombre de sherpas impliqués dans une expédition : 10 à 15 par équipe

Les camps d'altitude : défis de plus en plus importants

Au-dessus du CBE, une série de camps d'altitude (Camp I à IV) sont établis le long des voies d'ascension. Chaque camp représente un nouveau défi, avec des conditions de plus en plus difficiles à mesure qu'on se rapproche du sommet.

Description des camps d'altitude

Le Camp I (environ 6000m) est le premier jalon vers le sommet. Il est relativement plus accessible, bien qu'il soit toujours exposé au risque d'avalanches du Khumbu Icefall. Le Camp II (environ 6500m) offre un terrain plus glaciaire, demandant des techniques d'alpinisme plus avancées. Le Camp III (environ 7200m) est un lieu exposé aux vents violents et à des conditions glaciaires extrêmes. Le Camp IV (environ 8000m), également appelé Camp de la Mort, est la dernière halte avant l'assaut final. La « zone de la mort » au-dessus de 8000 mètres est réputée pour sa faible teneur en oxygène et ses conditions mortelles.

  • Température moyenne au Camp IV : -30°C à -40°C
  • Vitesse du vent au Camp IV : jusqu'à 150km/h
  • Taux d'oxygène à 8000m : environ 30% de celui au niveau de la mer

Préparation physique et mentale : acclimatation et gestion du risque

L'ascension de l'Everest exige une préparation physique et mentale intensive. Une acclimatation progressive est cruciale pour éviter le mal aigu des montagnes (MAM). L'entraînement physique doit être rigoureux, et la condition mentale impéccable pour faire face aux conditions extrêmes, au stress et à la fatigue accumulée. La cohésion d'équipe, le soutien mutuel et la gestion du risque sont primordiaux pour la sécurité de tous. La planification minutieuse, la gestion du ravitaillement et les stratégies d’évacuation en cas d’urgence sont autant d'aspects critiques pour la survie.

Impact humain et environnemental de l'ascension de l'everest

L'augmentation du nombre d'expéditions sur l'Everest a un impact significatif sur l'environnement fragile de la région et sur les populations locales.

Pollution et gestion des déchets

L’accumulation de tonnes de déchets, plastique, matériel d’escalade et autres, pollue gravement le massif de l'Himalaya. Des efforts de nettoyage sont menés, mais ils peinent à suivre le rythme de la croissance du tourisme d'aventure. Des initiatives sont déployées pour promouvoir des pratiques plus durables et réduire l'impact environnemental.

Surpopulation et risques pour la sécurité

La surpopulation dans les camps, notamment au CBE, crée des tensions sur les ressources disponibles et augmente le risque d'accidents. Les files d'attente sur les sections difficiles de l'ascension peuvent mettre en péril la sécurité des alpinistes. La gestion des risques, la prévention des accidents et les secours en montagne sont essentiels.

  • Nombre de décès annuel sur l’Everest : entre 5 et 10
  • Quantité de déchets abandonnée chaque année : estimée à des dizaines de tonnes

L'ascension de l'Everest est un exploit remarquable, mais qui nécessite une gestion responsable et durable pour protéger l'environnement et la sécurité des alpinistes. L'avenir des camps de l'Everest dépendra de la capacité à concilier l'aventure humaine et la préservation de ce paysage unique.

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